Arnaud Gérard. Comme Elvis (roman).
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la vie est dure...

  La vie est dure, et il faut s'y battre. Ca ne vous plait pas. Vous préférez votre torpeur. Vous la prolongez, l'enfance. Pourtant au lycée vous tenez votre place. On ne vous fait pas chier. Vous êtes athlétique, aussi. De grandes jambes dures et des épaules carrées. Vous en êtes inconscient... Certaines vous reluquent pourtant en douce... Mais passons.
  Vos voisins aussi vous connaissent. Ils se demandent... si en cas de lynchage vous n'opposeriez pas une résistance inédite. Ca peut vous sauver, mine de rien, ce genre de truc. Ca compte plus que vous ne croyez. Ca vous rend des petits services tous les jours.
  Tenez, lorsque vous allez acheter des cigarettes, vous dépassez le client précédent d'une tête... La vendeuse vous écoute bien gentiment, les gens s'écartent quand vous sortez. Ce n'est pas que l'apparence, c'est plus que ça, des espèces de courants de forces qui se baladent dans l'atmosphère (le karma, peut-être?).
  Mais je vous ennuie avec mes banalités issues du quotidien... Je vous vois secouer la tête, l'air écoeuré. Il vous faut l'aventure. Elle est pourtant là, en bas de chez vous. Mais les jeunes ont souvent de gros sabots. Ils préfèrent les trucs plus massifs, c'est pourquoi ils s'enrégimentent aussi facilement. Ce n'est tout de même pas votre cas. (Elvis aussi, n'aimait pas l'armée). C'est pourquoi nous fondons de grands espoirs...