Saint-Thomas ne croyait pas à la mort du Christ. Et lorsque fut connue la (mauvaise) nouvelle, son premier réflexe a
été de douter. Il s'est déplacé personnellement, a posé un index dubitatif sur les plaies du Sauveur, son front
s'est plissé, et il a probablement fixé les nuages. Etait-ce possible? Et en qui croire, à présent?
Saint-Thomas gardait un espoir.
(De cet espoir-là naissent les saints.)
Et il fut, bien entendu, le premier à sourire de ravissement à l'annonce de la résurrection.
C'est un rock-critique anglais (quelle merde!) qui raconte avoir lu graffitée sur la porte des toilettes d'un
quelconque bar, à Londres, en 1965 ou 6, une inscription prétendant que Charles Hardin' Holley était toujours vivant. Charles
Hardin' Holley était bien mort depuis quelques années mais certains refusaient de croire à sa disparition, car s'ils l'avaient
admise leur vie aurait perdu tout son sens. Etait-ce possible? Et en qui croire, à présent? Ils nageaient sans doute en plein
déni du réel, mais leur attitude était aussi un défi à la mort, cette salope apparemment invincible.
Et après tout pourquoi pas?
Charles Hardin' Holley, Elvis, ou les autres, vivent aujourd'hui dans nos mémoires. Toujours présents dans l'actualité
de par la ré-édition de leur musique et le nombre de gens qui continuent à les imiter. Jamais - vraiment - disparus.
Il aura donc fallu attendre longtemps avant de voir ré-apparaître une poignée d'individus armés de la vraie foi:
de celle qui soufflait dans les cuivres qui firent tomber les murs de Jéricho, de celle qui vous sauvera encore le jour où
votre vie sera en danger, de celle qui anime dans ses meilleurs moments le coeur de cette musique géniale: le rock and
roll.
Et alors?...
Qui avait raison?