Arnaud Gérard. Presque mort (roman).

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01: saint...
03: il n'y a rien...
04: je repense...
05: et puis...
06: ce que ça...
07: et ce que...
09: ...etc...
08: pour lui...
10: mais la...
11: vous êtes...
12: il y avait...
14: ils sont...
15: alors...
13: c'est un...
02: il était...

08: pour lui aussi...

  Pour lui aussi ça s'est mal terminé.
  Et il faut imaginer que cette partie de squash, à 4 heures du matin, fut probablement l'un de ses derniers moments de joie. Et quelle scène! Le cousin fidèle était là aussi, et on peut rêver en repensant à ces deux hommes qui ont passé les 40 ans et qui tapent la balle contre le mur en plein milieu de la nuit, leurs copines respectives les encourageant sur le bord du terrain. Surréaliste et insolent. Mais c'était l'ambiance habituelle de l'endroit, l'ambiance habituelle de cette maison devenue comme un vaisseau-fantôme dérivant tous feux allumés dans la nuit sombre de l'étendue américaine...
  Ne serait-ce que pour cette histoire, on ne pourrait pas s'empêcher de l'aimer, ce mec-là.
 
 
  Et pourtant! Et pourtant ici aussi l'ennui s'était installé. Insidieusement présent désormais dans les têtes de cette bande qui jamais n'avait voulu vivre comme les autres. Et les Cadillac offertes comme des paquets de cigarettes n'y changeraient rien, pas plus que les rencontres avec le président des Etats-Unis, les parties de football entre amis, et les filles qui le font facilement...
 
 
  Cette musique interdit de vieillir: c'est même là sa vraie tragédie.
  Et lui avait tout inventé à 20 ans, tout donné à 20 ans, tout brûlé avec une maestria dont témoignent ses premières apparitions télévisées. Et après? Que faire par la suite? Comment survivre à cette année 1955 où toute une génération s'est qui plus est levée avec vous?
  Voila pourquoi il ne faut pas être trop triste en pensant à lui. Il ne faut pas s'arrêter à la machinerie cinématographique dans laquelle il s'était perdu, aux cabarets vieillots et imbéciles de Las Végas, à ce mariage raté qui l'a amoindri, à d'autres ragots plus malveillants encore provenant des jaloux... Non, rien de tout cela n'a d'importance si on garde en mémoire ce beau souvenir de notre ami: la partie de squash à 4 heures du matin, le cousin fidèle qui est toujours là, les copines piaillant sur le bord du terrain, et puis cette maison éclairée comme un vaisseau-fantôme dérivant dans la nuit noire et profonde de l'étendue américaine...
 
 
  Il ne lui restait plus qu'à mourir, quelques heures plus tard, et il faut se dire qu'il fut peut-être le premier soulagé que tout s'achève enfin, en ce fameux matin du 16 Aout 1977.